L'ostéopathie est-elle remboursée ?
Sécurité sociale, mutuelle, facture : ce qu'il faut savoir.
Lire l'article →Une médecine manuelle globale qui considère le corps comme un tout, recherche l'origine des symptômes plutôt que de masquer leurs effets, et vise à redonner à l'organisme les moyens de s'autoréguler.
L'ostéopathie a été fondée aux États-Unis en 1874 par Andrew Taylor Still (1828-1917), médecin convaincu que le corps possède en lui-même les ressources nécessaires à son équilibre et à son autoguérison, à condition que sa structure — os, muscles, tissus, circulation — conserve ou retrouve une mobilité normale. Introduite en France dans la seconde moitié du XXe siècle, elle y est depuis 2002 une profession réglementée, encadrée par plusieurs lois et décrets (voir la section Cadre légal plus bas).
« L'ostéopathie est la connaissance de l'anatomie et de la physiologie entre des mains expertes au service d'un patient. »
— Andrew Taylor Still (1828-1917)
L'ostéopathie nécessite une connaissance exacte de l'anatomie et de la physiologie humaines, et des techniques portant sur l'ensemble du corps : le système musculosquelettique, les viscères, le système crânio-sacré, les fasciae de l'ensemble du corps, les systèmes nerveux et vasculaire, ainsi que le système postural. Négliger l'un de ces systèmes altère par définition le diagnostic et le traitement ostéopathique — l'ostéopathie étant, par définition, une médecine holistique qui considère le corps dans son intégralité.
Le traitement ostéopathique s'appuie sur plusieurs familles de techniques, choisies selon le motif de consultation et la sensibilité de chacun.
Aussi appelés aponévroses, les fasciae entourent et protègent tous les organes du corps, en continuité de la tête aux pieds. Ils véhiculent les veines, artères et nerfs qui apportent aux organes (muscles, viscères, peau…) les éléments nutritifs et informationnels essentiels à leur fonctionnement. L'ostéopathe s'assure de la liberté des fascias, indispensable au bon fonctionnement de tous les tissus. Ils peuvent être altérés en cas de chirurgie, de traumatisme type accident de voiture, d'entorses, de fractures, de luxations, de tendinites ou de déchirures musculaires : le traitement fascial en accélère alors la cicatrisation.
Elles traitent le crâne et les tissus environnants, le sacrum et les méninges — principalement la dure-mère, qui relie crâne, vertèbres, sacrum et coccyx — ainsi que leurs incidences sur le système nerveux central. Naissance compliquée, traumatismes crâniens, chutes sur le sacrum, accidents de voiture, troubles de l'oculomotricité ou de l'occlusion : autant de causes possibles de blocage du système crânio-sacré. Un bilan ostéopathique est conseillé après chaque traumatisme, dont le premier est celui de la naissance, qui peut laisser des séquelles visibles ou invisibles chez le bébé.
Ces techniques traitent principalement les viscères et leurs systèmes d'attaches entre eux et au squelette (ligaments, mésos, épiploons). Certaines pathologies, certains médicaments, la chirurgie, la radiothérapie ou l'alimentation peuvent altérer la mobilité normale de ces organes — or ils sont en relation mécanique avec le squelette par leurs systèmes d'attaches et en relation neurologique avec le rachis, le crâne et le sacrum par les nerfs rachidiens, le nerf pneumogastrique et les nerfs sacrés, ce qui explique qu'une dysfonction viscérale puisse se répercuter ailleurs dans le corps. Ce sont des techniques de mobilisation douce visant à restaurer la mobilité des organes pour en améliorer la physiologie, en libérant leur vascularisation et leur innervation.
Elles traitent les os, les muscles, les tendons, les ligaments, les articulations et les fascias du corps. Il en existe plusieurs types.
Musculaires / myotensives : elles utilisent la contraction volontaire du patient pour libérer les articulations et rééduquer le message nerveux qui contrôle le muscle.
Directes, ou haute vélocité et basse amplitude (HVBA) : une légère impulsion contre la barrière physiologique libère le blocage articulaire. Elles s'accompagnent parfois d'un bruit articulaire — le craquement — totalement indolore et sans risque.
Articulatoires : des techniques de mobilisation douce des articulations, muscles et ligaments ayant perdu leur souplesse.
L'usage professionnel du titre d'ostéopathe est réservé aux personnes titulaires d'un diplôme sanctionnant une formation spécifique, délivré par un établissement agréé par le ministère de la Santé, et inscrites sur une liste tenue par l'Agence Régionale de Santé (ARS) de leur lieu d'exercice (loi n° 2002-303 du 4 mars 2002, article 75). Concrètement : le titre ne s'improvise pas, et tout praticien doit être identifiable auprès de l'ARS (numéro ADELI).
Le décret n° 2007-435 du 25 mars 2007 encadre précisément la pratique :
C'est exactement le principe qui structure la prise en charge des nourrissons au cabinet : après l'examen du pédiatre, jamais avant.
Le décret n° 2007-437 a fixé les conditions d'agrément des écoles de formation. Le décret n° 2014-1505 du 12 décembre 2014 a ensuite renforcé les exigences : 4 860 heures de formation, dont 1 500 heures de stage clinique encadré et au moins 150 consultations complètes validées, pour les étudiants entrant en formation initiale.
Un trouble du fonctionnement d'un tissu ou d'un organe, sans lésion visible à l'imagerie (radio, IRM…) — par opposition à une pathologie organique ou lésionnelle, qui relève d'un traitement médical, chirurgical ou médicamenteux.
Non. L'ostéopathie est une médecine de première intention : vous pouvez consulter directement, sans passer par votre médecin traitant.
Non. Ce bruit articulaire, qui accompagne parfois une technique de haute vélocité et basse amplitude, est totalement indolore et sans risque lorsqu'il est réalisé par un praticien formé.
Deux métiers différents, avec des formations et des cadres distincts — voir notre article dédié.
Non. L'ostéopathe n'est pas habilité à prescrire. Si un examen complémentaire semble nécessaire, il vous oriente vers votre médecin traitant.
Sur annuaire.sante.fr, le répertoire officiel des professionnels de santé — ou en demandant directement son numéro ADELI.
Non. La loi impose un diagnostic médical excluant toute contre-indication avant toute manipulation du crâne, de la face ou du rachis chez un nourrisson de moins de six mois.
Non. Le titre d'ostéopathe est protégé et encadré par la loi de 2002 et ses décrets, mais l'ostéopathie n'est pas inscrite parmi les professions de santé réglementées par le Code de la santé publique (contrairement aux médecins, sages-femmes ou masseurs-kinésithérapeutes). C'est notamment pour cette raison que les séances ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale (voir notre article sur le remboursement).
Sécurité sociale, mutuelle, facture : ce qu'il faut savoir.
Lire l'article →Ce que l'ostéopathie fait vraiment — et ce qu'elle ne fait pas.
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